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La Scop : un outil de développement durable

Publié le 18/03/2026 dans Actualité réseau

Le Limousin compte, fin 2025, 77 sociétés coopératives qui rassemblent quelque 800 salariés.

Un chiffre en croissance car le modèle économique séduit d’autant que ces entreprises se sont montrées plutôt résilientes à la crise et sont plébiscitées par les collectivités car non délocalisables. Explications avec Xavier Gasquet, directeur de l’Union régionale limousine.

L’année 2025 aura été celle de l’enterrement d’une vieille dame âgée de 120 ans, à savoir la Société des ouvriers plombiers couvreurs zingueurs de Limoges (SOPCZ). Tout un symbole. Mais elle aura aussi été celle de belles transmissions et d’une diversification opportune. Aujourd’hui, le Limousin abrite 77 Scop – 25 % en Corrèze, 25 % en Creuse et 50 % en Haute-Vienne –, ce qui représente environ 800 salariés et 90 millions d’euros de chiffre d’affaires.

« La plus petite société a deux salariés, la plus grande deux cents. Il s’agit de l’Avenir électrique de Limoges (AEL) qui a été créé en 1920, précise Xavier Gasquet, directeur de l’Union régionale des Scop et des Scic du Limousin. La spécificité ici, c’est qu’il y a une grosse cohorte dans le secteur du bâtiment et ce, depuis toujours. » De prendre pour exemple l’entreprise Blanchon avec sa soixantaine de salariés et son savoir-faire reconnu dans la taille de pierre, les menuiseries et les monuments historiques. De citer également la miroiterie GBM, la dernière de l’ex-région avec sa cinquantaine de salariés, ou encore le garage limougeaud Dieselec, ses vingt salariés et ses multiples filiales.

Casser les codes et l'image traditionnelle

« Le bâtiment, comme l’industrie, est un secteur qui se prête bien à ses modèles, note Xavier Gasquet. Mais depuis quelques années, nous avons la volonté de développer le mouvement coopératif à travers la transmission d’entreprise. » Le bureau d’études Deloménie, basé à Isle mais avec des antennes à Tulle et Bordeaux, a ainsi adopté ce modèle économique, tout comme Desya, spécialiste limougeaud des automatismes industriels et de la programmation des tapis roulants dans les aéroports, ou encore VRD’eau Conseils, spécialisé dans le traitement de l’eau potable, basé à Guéret avec une agence à Limoges.

« Pour casser les codes et l’image traditionnelle des Scop, la Croix Rouge s’est libérée il y a deux ans des centres de soins infirmiers. À Ambazac, il a été repris en coopérative et c’est le seul en Nouvelle-Aquitaine, sachant qu’il y en a seulement deux ou trois en France?! », se réjouit le directeur régional. Idem dans l’économie solidaire et sociale, avec la transmission, il y a un an, d’E2S Conseil et formation à Limoges. Une coopérative funéraire a même été créée à Brive, et deux librairies corréziennes ont adopté ce modèle, à savoir Chantepages à Tulle et La baignoire d’Archimède à Brive.

La transmission comme credo

« Cela montre que notre mouvement est en développement d’autant que les coopératives sont plutôt résilientes à la crise. On l’a vu pendant le Covid et après », insiste encore Xavier Gasquet, fléchant « deux points essentiels » concernant le modèle coopératif.

En premier lieu, ce dernier repose sur un projet économique comme toute société. En second lieu, le projet coopératif se distingue par sa gouvernance. « Il faut que les gens partagent la même vision et il faut un leader charismatique, prévient le directeur de l’Union régionale du Limousin. Les salariés amènent leur argent personnel au capital de l’entreprise et donc, le résultat est gardé pour partie en fonds propres qui constituent les réserves impartageables, et revient pour partie aux salariés. ».

Et cela fait toute la différence, car une coopérative ne se vend pas mais se transmet de salariés en salariés. C’est pourquoi « la coopérative est en elle-même un outil de développement durable car non délocalisable ». À ce titre, elle représente un intérêt pour les collectivités, mairies et communautés de communes.